Enfoncer des portes ouvertes…

Il y a quelques semaines, en lisant le site internet du journal « Le Progrès », un article m’interpelle. Un accident, une voiture s’encastre dans une maison sur la route reliant Grazac à Sainte Sigolène en Haute-Loire. En ouvrant le lien, je reconnais immédiatement la maison. Un rapide coup d’œil à l’article confirme ce que je pensais, il s’agit bien de la descente de Vaubarlet.

Quelques jours plus tard, sur la gazette des ancêtres, je vois que le généathème de mai 2014 propose de parler de la seconde guerre mondiale. Le lien entre ces 2 articles mon grand-père Denis Samuel qui aurait eu 100 ans cette année. Quoi de mieux pour commencer ce blog que de raconter son histoire.

Denis 1941

Denis Samuel (Photo personnelle)

Nous sommes entre 1942 et 1944. Beaucoup d’habitants de Saint Étienne ou de ses environs n’hésitent pas, devant les difficultés de ravitaillement, à aller dans l’Yssingelais en Haute-Loire pour acheter directement chez les paysans, les produits de la ferme.

Denis Samuel est à ce moment là père de 3 enfants en bas age (même 4 si on est en 1944). Il part un jour de bon matin en vélo, du côté de Lapte pour acheter une grosse quantité de pommes de terre. L’aller se passe sans encombre. Le Début du chemin du retour est assez facile avec une route qui descend légèrement mais rapidement arrive la descente sinueuse de Vaubarlet dans le vallée de la Dunière. Le vélo prend de la vitesse au fur et à mesure où le pourcentage de la pente augmente. Le dénivelé est important, 200m sur 2,6km, ce qui donne une pente à 7,5%. Sous le poids du chargement, les freins ne tardent pas à lâcher. La fin de la descente va être délicate à négocier. La vitesse du vélo est maintenant trop élevée à l’approche du pont de Vaubarlet. Il faut prendre une décision rapidement pour limiter la chute qui parait inéluctable. En face, il n’y a aucune échappatoire : à droite tourner sur le pont, à gauche les rochers et tout droit une ferme. Le virage permettant d’accéder au pont est trop prononcé. Tenter de passer par là, c’est prendre le risque d’une chute de plusieurs mètres en sautant par dessus le parapet. Il reste la ferme avec la légère montée vers la porte de grange, malheureusement pas suffisante pour ralentir suffisamment le rythme du vélo. Le choc est énorme.

Quelques temps plus tard, en reprenant conscience, Denis se rend compte de la chance qu’il a eu. La porte de grange n’était heureusement pas fermée. Sous le choc, les battants se sont ouverts et à part cette perte de connaissance, aucune autre blessure n’est à signaler. Le vélo par contre est inutilisable. Chaque fois qu’il évoquera cette histoire par la suite, il disait qu’il aurait dû mourir tant le choc avait été violent par chance ce n’était pas son heure.

Le retour est long et difficile, sans se faire remarquer avec un cycle abimé et un sac rempli de pommes de terre. Arrivé à Saint Just Malmont, mon grand père s’arrête dans la maison familiale de ses beaux parents. Il met son vélo contre le muret devant le bâtiment et va déposer son chargement à l’intérieur. A son retour, le vélo a disparu… Ferme Vaubarlet Source Google Maps

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