#challengeAZ : A comme Ah si y avait le vieux…

Très souvent mon grand-père, dont je vous ai parlé dans mon premier article , nous disait « Ah si y avait le vieux… ». Il n’avait pas besoin de terminer cette phrase pour qu’on sache ce qu’il voulait dire.

Le vieux…

C’était son père, Étienne Samuel.

Étienne Samuel (photo personelle)

Étienne Samuel avec sa seconde femme (photo personnelle)

Étienne est né le 17 mai 1870 à la Rullière commune de Saint Didier en Velay. Il est le fils de Claude Samuel (1833-1906) qui est forgeron et de Marie Louise Barret (1844-1921) qui est passementière.

Claude exerçait surement cette activité en complément de celle de cultivateur comme on le retrouvera sur les autres actes le concernant de 1869 à 1878. Puis, il apparait comme cloutier à partir de 1880, suite à son déménagement à Saint Ferréol d’Auroure,

Étienne est l’ainé de ce couple mais il a une demi-sœur Marie Barret (1866-1894) née de père inconnu.

6 autres enfants suivront :

  • Catherine (1871-1880)
  • Marie (1873-1961)
  • Pierre (1875-1962)
Pierre Samuel (photo personnelle)

Pierre Samuel (photo personnelle)

  • Louis (1878-1919)
  • Maria (1881-1957)
  • Jules (1884-1930)

Le 11 octobre 1900, il épouse Annette Larois (1878-1915) à Saint Ferréol d’Auroure, Ce n’est pas un mariage par amour mais plus un mariage imposé. Annette est déjà la mère de Jacques Larois (1898-1990) dont le père est inconnu. L’histoire familiale dit qu’elle était amoureuse du père de Jacques mais que son père Jacques Calixte Larois (Larouère) ne voulut pas qu’elle l’épouse.

Annette Larois (photo personnelle)

Annette Larois (photo personnelle)

De cette union avec Étienne, naissent 7 enfants :

  • Marie Claudine (1901-1988)
  • Louise (1903-1997)
  • Marie Antoinette (1906-1961)
  • Francisque (1908-1975)
  • Pauline Catherine (1911-1930)
  • Marie Noële (1912-1994)
  • Denis (1915-2002)

Étienne et Annette, après leur mariage, vont s’installer dans la vallée de l’Ondaine, à Chazeau (actuellement quartier de Firminy) dans la Loire. Même s’ils changent de département, ils ne s’éloignent pas de leurs familles, leur maison n’est située qu’à 2 km de celle de Claude Samuel.

La vallée de l’Ondaine est un important pôle d’attraction qui attirent de nombreux altiligériens venant travailler dans les usines de métallurgie ou à la mine. Sur son acte de mariage, Étienne est noté métallurgiste.

Ils changent plusieurs fois de domicile, Saint Paul en Cornillon, retour à Chazeau, Fraisses mais restent à proximité des usines où il travaille.

En 1915, 6 mois après la naissance de Denis, Annette Larois décède à Clermont-Ferrand.

En 1920, Étienne se remarie à Fraisses avec Antoinette Gomet (1875-1954). Mais 8 ans plus tard, le 29 décembre 1928, il meurt à Saint Étienne.

Regard d’enfant

Mon grand-père a 13 ans au moment du décès d’Étienne Samuel. C’est donc à travers un regard d’enfant qu’il verra son père.

Dans ses souvenirs et dans ceux de ses frères et sœurs, Étienne était un homme dur, sévère. Dans les exemples que nous donnaient mon grand-père, je me souviens qu’il disait : « quand le vieux avait plié le couteau, le repas était fini et personne ne s’amusait à ne pas respecter cette règle ».

À travers ce début de phrase « Ah si y avait le vieux… », mon grand-père nous montrait la chance qu’on avait de vivre à notre époque et nous donnait avec beaucoup de tendresse les limites qu’il fallait respecter tout en nous laissant entendre qu’il ne serait pas aussi strict que son père.

Le manque d’amour maternel a été énorme, celui donné par ses frères et sœurs n’a pu le compenser. Qu’en est-il de celui de son père ? Que pensait-il de son fils ? Pour la première question, c’est assez simple, Étienne Samuel n’était pas homme à laisser paraitre ses sentiments, l’amour paternel n’était pas vraiment présent du moins montré comme l’attend un enfant. Pour la deuxième question, elle restera toujours sans réponse précise mais, même s’il ne le disait pas mon grand-père a toujours laissé paraitre qu’il n’était pas à la hauteur de l’attente de son père. Est-ce seulement le sentiment qu’il en a eu ou un vrai reproche fait par son père ? Personne ne le saura vraiment.

Quelques mois avant sa mort, j’ai appris à mon grand-père que son père avait exercé le même métier que lui, un métier dont il était fier : Mineur. À cet instant, j’ai vu dans ses yeux, un regard d’enfant qui venait d’avoir LA reconnaissance paternelle qu’il attendait depuis si longtemps. Plus tard quand j’évoquais avec lui la sévérité d’Étienne, il me dit pour le défendre « Ce n’était pas facile pour lui, la vie était dure… »

J’ai compris qu’il lui avait pardonné et qu’il s’était réconcilié avec son père. La généalogie, c’est aussi ça, donner du bonheur pour les siens et je suis heureux d’en avoir donné à mon grand-père.

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