#challengeAZ : B comme Beaux frères

Pour ce nouvel article, je vais parler du destin de 4 beaux frères durant l’année 1917 :

  • Jean Racat époux de Marie Bourdier
  • François Margelidon époux de Claudine Bourdier
  • Jean Baptiste Laurent (mon arrière grand-père maternel) époux de Anne Bourdier
  • Alexandre Claude Bourdier

Tous sont originaires de l’Allier mais comme beaucoup d’hommes en cette année de guerre, ils sont mobilisés sur le front en France ou à l’étranger.

Fiches matricules

Jean Racat

Il est né le 24 mars 1877 à Cressange (Allier). Il épouse le 6 décembre 1905 Marie Bourdier à Monétay sur Allier (Allier).

En ce début d’année 1917, il est sur le front dans la région de Verdun avec le 276ème régiment d’infanterie, régiment qu’il a intégré le 15 mars 1916. Sa fin d’année 1916 a été difficile, il est évacué le 26 septembre dans l’hôpital de Châtel-Guyon (Puy de Dôme) pour maladie. Il retourne au front 3 mois plus tard, le 29 novembre.

Début mars, il est à l’arrière du front. Tout est calme. Du 2 au 4 mars, chacun est occupé à des corvées diverses ou à la fabrication de saucisses Ribard. Dans la nuit du 5 au 6 mars et la nuit suivante, le 276ème RI remplace le 246ème RI sur le front à la Côte du Poivre sur la commune de Louvemont-Côte-du-Poivre (Meuse). Situé à une dizaine de kilomètres au nord de Verdun et à moins de 5 kilomètres à l’ouest du fort de Douaumont, ce village fera parti des 9 complètement détruits pendant la guerre de 14-18 et sera déclaré « Village mort pour la France ». Le 6, les nouvelles troupes sont accueillies par de violents tir d’artillerie qui feront 1 mort et 9 blessés. Puis, tout redevient calme le 7 et 8 mars.

Le 9 mars, après une matinée calme, changement l’après midi avec de forts bombardements allemands qui va s’accentuer graduellement. L’aviation est très active et plusieurs Drachen sont en vue. Le tir acharné se concentre sur la droite aussi bien sur la 1ère ligne que sur la ligne de réserve. Au moment où la 22ème compagnie vient relevée la 23ème, le tir redouble. Redoutant une attaque imminente, le lieutenant commandant l’ouvrage Bernhardi lance une fusée rouge et à 18h30 les français déclenchent un tir de barrage. L’action se propage maintenant sur la gauche. De leur côté les allemands envoient des fusées rouge et orange. L’infanterie ennemie ne sort pas hormis une patrouille d’une vingtaine d’hommes qui s’approchera de la tranchée Bautzen. Vers 19h10, les tirs s’arrêtent. On dénombre 4 blessés à droite et à gauche, 2 morts et 7 blessés.

Parmi les 2 morts se trouve Jean Racat. Le 22 mars, il recevra une citation : « Très bon soldat dévoué et courageux, a été tué à son poste de combat pendant un violent tir de barrage le 9 mars 1917. »

François Margelidon

Il est né le 28 octobre 1883 à Mercy (Allier). Il épouse Claudine Bourdier le 20 avril 1909 à Monétay sur Allier. De ce mariage nait Antoine dit Tonin Margelidon.

En ce début d’année 1917, le 21 janvier, il change de régiment en passant du 35ème RI, où il sera resté moins d’un mois, pour le 372ème RI. Ce régiment sera envoyé en Serbie pour soutenir l’armée serbe face à la coalition germano-bulgare et participera à la bataille de Monastir (Bitola) en mars 1917, connue aussi la bataille de la côte 1248.

Le 16 mars au matin, les hommes sont à leur poste. Une boue gluante et épaisse s’est accumulée suite au dégel et la fonte de la neige tombée les jours précédents. L’assaut est donné à 15h. L’artillerie allonge son tir sur les tranchées de 2ème ligne ennemies. Bientôt sous la mitraille et les obus, ils atteignent les premières tranchées que les premières vagues franchissent sans s’arrêter. Le 371ème RI prend possession du mamelon de gauche, tandis que le 372ème RI prend celui de droite. Durant l’assaut, François Margelidon est blessé par une balle dans le dos. Il a dû faire parti des soldats qui ont franchis sans s’arrêter la première tranchée et pendant sa progression vers la 2ème ligne, il a dû recevoir une balle des bulgares qu’il avait dépassé. Comme le dit Jos Toutain du 371ème RI dans un courrier à ses parents :

« …j’ai recu une balle dans le cou elle est entrée derrière et est ressortie sous l’oreille (vous allez croire que je me débinais mais non au contraire car nous la 22 on avait trop avancé et les bougres nous contournais)… »

François, évacué, meurt 2 jours plus tard le 18 mars 1917. Il recevra une citation, le 25 mars 1917 : « Soldat admirable de courage et de sang-froid, s’est porté à l’assaut de la ligne ennemie en faisant preuve de la plus belle vaillance. A été blessé au moment où il allait prendre pied dans la tranchée de 2ème ligne bulgare le 16 mars 1917. »

Jean Baptiste Laurent

Il est né le 18 mai 1884 à Bayet (Allier). Il épouse Anne Bourdier le 2 mars 1908 à Saint Pourçain sur Sioule (Allier).

En ce début d’année 1917, il est soldat au 408ème régiment d’infanterie depuis le 1er avril 1915 et restera dans ce régiment pendant toute la guerre. Une énigme pourtant existe, il est blessé le 1 août 1918 à Coinçy (Aisne) mais son régiment se trouve à une centaine de kilomètre plus à l’est entre Châlons en Champagne et Vitry le François (Marne).

Il recevra lui aussi une citation le 5 janvier 1919 : « Blessé au cours de la campagne, a tenu a reprendre le plus rapidement possible sa place au combat. A fait bravement et consciencieusement tout son devoir »

Mais pour l’année 1917, ce n’est pas ce qui nous préoccupe. Le 24 mars, il devient père d’un enfant tant attendu (9 ans après son mariage). C’est donc dans ce contexte très particulier que nait mon grand-père André Laurent.

Alexandre Claude Bourdier

Il est né le 13 septembre 1896 à Monétay sur Allier (Allier). Il est célibataire.

En cette d’année 1917, il est soldat au 26ème régiment d’infanterie depuis le 19 juillet 1916. Le régiment se trouve fin juin à Seicheprey (Meurthe et Moselle).

Le 30 juin, la journée avait été très calme. Contrairement à l’habiture, les allemands n’avaient pas tiré, ni répondu aux tirs français. Seuls quelques bruits de travaux en 1ère ligne avait été entendu. À 1h15 du matin, le 1er juillet, un cri en français retentit dans la nuit : « Lachez tout ». Tout le front allemand de Richecourt au Saillant de Kegelhahn, s’anima et on entendit le sifflement des bombes asphyxiantes suivi par des tirs de mitrailleuses. L’attaque se concentrait sur tout le front français de Xivray et Marvoisin à gauche au Bois Jury sur la droite. L’alarme donnée, l’artillerie française par un tir de barrage et les mitrailleuses de la 1ère ligne empêchèrent la sortie des allemands. À droite, une section chargée de poser des fils de fer barbelés ou à creuser une tranchée, fut particulièrement touchée. Le repli de cette section fut difficile dans le dédale de boyaux de tranchée ou dans le réseau de fils de fer. Trébuchant à chaque pas, beaucoup perdirent leur masque ou le déchirèrent. L’attaque dura 1 heure.

Alexandre Claude Bourdier est victime ce jour là des gaz asphyxiants. Évacué, il meurt dans l’ambulance à Manoncourt en Woevre (Meurthe et Moselle) le même jour. L’attaque fut particulièrement meurtrière. Environ 350 hommes perdirent la vie suite à ce bombardement.

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4 réflexions sur “#challengeAZ : B comme Beaux frères

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