#challengeAZ : G comme Guerre d’Algérie

Il y a pratiquement 3 ans, jour pour jour, paraissait un article dans le journal « Le Progrès », à l’occasion du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie, sur mon oncle Bernard Samuel qui racontait ses années militaires dans ce conflit armé.

Il est mobilisé en janvier 1958.

Photo personnelle

Photo personnelle

Après plusieurs mois de formation militaire à Valence, il est envoyé à Alger puis à Menerville qui deviendra, après l’armistice de 1962,  la ville de Thenia. C’est là qu’il entre vraiment en contact avec la guerre : patrouilles dans la zone interdite à la recherche de fellaghas, camp de prisonniers…

Il partira ensuite à la demande de sa hiérarchie, faire un stage intensif de 2 mois pour devenir sergent.

Responsable d’une harka

À son retour, il est affecté à l’est du pays, à Cheria près de Tebessa en pleine zone interdite. Il se voit confier le commandement de la harka du Piton composée de 27 harkis, supplétifs de l’armée française.

Une harka est une formation paramilitaire qui a comme avantage par rapport aux troupes françaises, d’être plus souple à gérer, plus adaptée au terrain et plus mobile.

Avec ses hommes, il instaure une relation de respect mutuel. Sa principale mission est d’effectuée des patrouilles, le plus souvent de nuit, à la recherche des fellaghas. Ces sorties sont fréquentes et dangereuses. Je vous laisse maintenant avec son récit d’une de ces patrouilles.

Un soir, nous marchons le long d’un oued, les hommes échelonnés à un mètre d’intervalle, soudain, Tayeb s’arrête et met un genou à terre. Il fait signe à la colonne de stopper et de guetter à la ronde. Avec surprise, je suis bousculé avec rudesse dans le dos par Rachid qui s’époumone : « pas toi sergent ». Gisant sur le sol, je me relève en colère. Rachid est devant moi. Un bruit sourd retentit alors. Il s’écroule. D’instinct, je me projette à plat ventre et je rampe jusqu’à lui. Il vient de recevoir une décharge de chevrotine en pleine poitrine. En un instant, je viens de réaliser qu’il vient de me sauver la vie. Nous capturons quatre hommes que nous désarmons. C’est un fusil de Saint Étienne qui a pris la vie de mon harki. Ce souvenir est ancré. Je ne lui dirai jamais assez merci. C’est au quotidien que je pense à lui plus de 50 ans après ces lugubres événements.

Le retour en France, à la fin de la guerre, sera amer en laissant derrière lui des hommes qui sont devenus de véritables copains.

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