#challengeAZ : M comme Marchand-fermier à Étroussat

Marchand-fermier

Le marchand fermier occupe le haut de la hiérarchie sociale paysanne. Il ne doit pas être confondu avec le fermier-cultivateur. Il ne travaille pas la terre mais gère les terres d’un propriétaire souvent absent. Il se distingue du régisseur  qui lui est salarié. Son rôle est de percevoir la dime et autres redevances. Suivant l’accord, il se partage avec le propriétaire, les revenus perçus. Il est le seul maitre à bord et tire souvent de large bénéfice de sa position. Le marchand-fermier est aussi considéré comme quelqu’un de tatillon et dur, qui n’hésite pas à laisser les métayers qui travaillent pour lui dans des situations précaires.

Il loue par un bail de fermage, passé devant notaire, les terres qu’il va gérer. Ce bail peut tout englober, des métairies au locateries, bois, étangs, maisons et même du château qui est loué au fermier, cette demeure pouvant être meublée. Le propriétaire se réservant souvent une partie de la bâtisse.

L’ensemble des marchands-fermiers n’est pas homogène :

  • les plus modestes ne se procurent qu’un complément de revenu et ont une autre profession.
  • au dessus, les professionnels de la gestion domaniale, certains gèrent aussi leur propre domaine et cherchent à le développer pour devenir un gros propriétaire.
  • les plus aisés, grands propriétaires terriens appartenant le plus souvent à la bourgeoisie voire la noblesse.
Etroussat

Etroussat

François Bonnamour

François Bonnamour (Sosa 952 et 960) est marchand fermier à la Paterne commune d’Étroussat (Allier). Il est marié à Gilberte Brandon et à au moins 3 enfants dont Annet Bonnamour (Sosa 476 et 480) né vers 1736.

Par un acte notarié passé devant maitre Chartier, notaire à Charroux (Allier), le 1er mars 1751, on sait que Reyne Charlotte Tamisier est propriétaire du domaine de la Paterne, avec maison de Maître où elle demeurait, un domaine à la Jonchère, deux locateries ou louageries avec 110 œuvres de vigne, le tout sis paroisse d’Étroussat estimé valoir la somme de 18000 livres tournois.

Elle partira par la suite rejoindre son mari à Decize (Nièvre) et laissera la gestion de ses domaines à François Bonnamour son fermier. Elle se réservera la chambre haute de la maison pour ses séjours au pays natal.

Le 8 février 1757; Annet Bonnamour épouse Antoinette Gaudon avec un contrat passé à la Paterne.

En 1766, François Bonnamour habitait toujours le domaine de la Paterne comme indiqué dans l’acte notarié de la vente du domaine par Reine Charlotte Tamisier et son mari à François Clément, curé de la paroisse d’Étroussat.

Affaire difficile

François Bonnamour s’est retrouvé aussi mêlé à une affaire très difficile et dangereuse.

Suite à un conflit à propos de la propriété de certains terrains, un long procès entre Gilbert Paul Bonnelat et Jean Pierre Raynaud prend fin par une transaction.

Le 30 juillet 1763, François Bonnamour, marchand-fermier du village de la Jonchère se présenta comme « gardien et commissaire » à la requête de M. Bonnelat. Accompagné de ses bouviers, il se présenta au domaine de la Grand-Cour pour prendre les récoltes destinées à M. Bonnelat. Mais il en fut empêché avec force et violence par Claude Sourdillier et ses fils, métayers du domaine. Ces derniers emmèneront le blé convoité à l’abri dans une grange.

François Bonnamour tenta une seconde fois d’exercer sa commission mais Claude Sourdillier, se jeta sur lui en lui criant : « de se retirer, qu’il n’avait rien à faire ici » en lui montrant que lui même avait une commission à la requête de Marie Perrin, épouse de M. Raynaud.

François Bonnamour voulut encore chasser Claude Sourdillier hors de la grange, mais ce dernier fou de rage le repoussa avec force et violences, le menaçant de le mettre à mal s’il ne se retirait rapidement. De peur de perdre la vie, François Bonnamour partit en protestant de porter l’affaire devant le juge.

L’affaire continua avec d’autres intervenant, François Bonnamour semblant s’être déchargé de cette histoire

Sources : Généalogie.com, le livre « Les châteaux dans les bocages bourbonnais » de Jean Louis Etien et le livre « La rive gauche de la Sioule de Charroux à Saint Pourçain » de Raymond d’Azemar

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2 réflexions sur “#challengeAZ : M comme Marchand-fermier à Étroussat

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