#ChallengeAZ : E comme Environnement social

Claude Samuel a grandi dans un milieu agricole. Son père et son entourage proche exercent tous le métier de cultivateur à l’exception de son oncle Marcelin Bergognon qui lui était maçon. Il possédait tout de même des terres. Il y a peu d’information sur les paysans de Saint-Ferréol d’Auroure ou du canton de Saint-Didier-en-Velay et il est difficile de se faire une idée précise de leur niveau social et de leurs activités tant il y a de différences dans le monde rural. Je vais; tout de même, essayer de décrire l’environnement social possible de mon trisaïeul.

moissons

Carte postale de Geneal43

 

Les hommes de la terre

Chaque région a ses propres appellations pour les hommes qui travaillent la terre, par exemple, on retrouve des ménagers dans les Pyrénées, des métayers dans le bourbonnais, des grangers dans le Charolais, des bordagers dans le Perche… pour des exploitants agricoles assez proches les uns des autres. Une même appellation peut, aussi, regrouper des personnes différentes d’une région à l’autre, voire d’une période à une autre. En Haute-Loire, au moins dans les communes que j’ai consulté, j’ai trouvé des journaliers, domestiques, cultivateurs, propriétaire et laboureurs, cette liste n’est sûrement pas exhaustive. Ces appellations permettent d’avoir une idée sur le niveau social de chaque personne.

  • le journalier (ou manouvrier) est tout en bas de l’échelle. Il loue ses bras à la journée. Il ne possède pas de terre.
  • le domestique (ou valet de ferme) est juste au dessus. C’est un employé qui travaille et vit sur une longue période chez un patron.
  • le cultivateur est un exploitant qui partage avec un propriétaire une partie de ses récoltes.
  • le cultivateur-propriétaire est un petit exploitant mais lui possède ses terres.
  • le laboureur est un plus gros propriétaire.

En réalité, la séparation n’est pas toujours, aussi, évidente.

Claude Samuel « père » est dit cultivateur-propriétaire, il reste malgré tout un petit exploitant.

 

Le travail de la terre

Je n’ai pas d’information précise sur ce qu’il cultivait. Dans cette région, en altitude, on retrouve plutôt des cultures de céréale (blé, seigle…), de pommes de terre et plus pour une utilisation personnelle des choux, racines (carottes, navets…), poireaux, salades… On peut penser qu’il en était de même à Cubrisoles.

Les principales difficultés pour les cultivateurs sont la météo et les terrains vallonnés.

Pour labourer leurs champs, les cultivateurs n’avaient pas toujours des animaux pour tirer la charrue ou l’araire. On m’a raconté qu’un mineur qui avait un morceau de terre, après sa journée de travail, tirait lui même son araire pendant que sa femme la guidait.

Un instituteur racontait, début 1900 :

Nos cultivateurs font tout leur travail avec les outils ordinaires : la faux pour la fenaison, la faucille pour les moissons et l’antique araire pour les labours. Peu nombreux même sont ceux qui se servent de la charrue.

Heureusement pour les gros travaux, les moissons… il existait une entraide entre les hommes et les femmes d’un même hameau ou la famille et les amis des hameaux voisins.

Pour la météo, dans « le guide de l’étranger dans la Haute-Loire » de Hippolyte Malègue, publié en 1866, il est dit :

Il est peu de contrée où les variations de la température soit aussi fréquentes et aussi brusques que dans la Haute-Loire.

Il évoque les violents orages fréquents avec de la grêle et des pluies torrentielles qui détruisent les récoltes et ravinent les terrains. Entre 750 et 800m, il n’est pas rare qu’il y ait de la neige.

Mais le climat est en train de se modifier dans ce deuxième tiers du XIXème siècle. Hippolyte Malègue explique que dans le début du siècle, les hivers sont longs et rigoureux mais :

depuis les persévérantes rigueurs de l’hiver 1829-1830, si la neige tombe, elle reste peu ou pas du tout.

puis :

Ajoutons qu’en s’adoucissant l’hiver semble s’être déplacé; il fuit devant l’automne et s’efforce d’empiéter sur les douceurs du printemps que la chaleur vivifiante su soleil ne sauve pas toujours des étreintes tardives, mais toujours glaciales, du vent du nord.

 

Habitations

Les maisons sont généralement constituées d’une cuisine au rez-de-chaussée, au sol en terre, avec une grande cheminée dans laquelle se trouve une grande marmite où mijote en permanence la soupe. C’est souvent la pièce où dort les parents. Dans cette cuisine pouvait se trouver une forge pour les cloutiers. Au dessus, il y a une pièce où se trouve un meuble contenant le grain et servant de chambre pour les filles. Les garçons, eux, dorment plutôt à l’écurie ou l’étable.

Au niveau du mobilier, les cultivateurs ont peu de meubles. Dans la cuisine, la maie sert aussi de table. Pour s’asseoir, il y a des bancs ou des tabourets. Pour dormir, on retrouvent des lits-placards ou lits-clos et le berceau rustique.

lit clos

 

Multi-activités

Les cultivateurs, quel que soit leur niveau dans la société, ont souvent une ou plusieurs activités en complément, notamment en période hivernale ou pour occuper les soirées. À Saint-Ferréol, les hommes sont très souvent cloutiers ou passementiers. Plus tard, avec l’industrialisation et la proximité de la vallée de l’Ondaine, ils travailleront aux forges dans la métallurgie ou à la mine. Les femmes sont, elles, passementières ou rubanières.

Dans le livre de Lucas Colin, « La structure de la terreur », ont y apprend :

Chaque habitant a une forge dans sa maison ou chaumière. C’est à cette industrie [les clous]… et plus encore à la fabrication des rubans… qu’est due la population considérable de ces montagnes, qui n’est en rapport ni avec l’étendue du sol ni avec son infertilité naturelle.

Dans la famille de Claude Samuel, grâce à son acte de naissance, on sait que son père fabrique des clous en dehors de ses activités agricoles. Claude, lui aussi, sera plus tard cultivateur, cloutier et même passementier.

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3 réflexions sur “#ChallengeAZ : E comme Environnement social

    • Merci. La première fois que j’ai vu un lit-placard au musée des traditions de St-Didier en Velay (qui malheureusement n’existe plus), j’ai été impressionné. Difficile de s’imaginer dans une boite. En s’approchant de plus près, j’ai vu qu’il n’y avait pas de toit, ça rassure pour un claustrophobe.

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  1. Pingback: #ChallengeAZ : Bilan 2016 | Les vieux de mon arbre

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