#ChallengeAZ :F comme Fringué ou fringant

Après avoir décrit l’environnement géographique, social et familial de Claude Samuel. Il est temps de s’interroger sur l’apparence que pouvait avoir mon trisaïeul et son entourage. On a souvent en tête les costumes régionaux qui apparaissent pour les fêtes folkloriques. Mais la réalité est souvent toute autre, comme le dit Jean-Louis Beaucarnot dans son livre « Qui étaient nos ancêtres ? »

Vous imaginez vos aïeules alsaciennes ou bretonnes en grande tenue folklorique du matin au soir ? Vous vous trompez ! Coiffes et costumes régionaux sont presque toujours d’invention récente, et nos ancêtres n’ont jamais possédé cette garde-robe chamarrée, qui aurait d’ailleurs été par trop incommode pour vaquer à leurs occupations. Leurs vêtements sont très différents de ceux que vous leur prêtez, et pas toujours très élégants. Ils sont pourtant très importants, puisque l’habit fait alors si souvent le moine.

Il y a peu de description des costumes de nos ancêtres paysans en Haute-Loire. Heureusement, un historien local, Albert Boissier, va nous décrire le costume en usage au 19ème siècle sur Saint-Ferréol d’Auroure ou Firminy.

 

Le costumes des cloutiers

Pourquoi parler du costume des cloutiers pour définir les vêtements des cultivateurs ? Tout simplement, comme on l’a vu, ils pratiquaient souvent les deux activités et dans sa description, on retrouve des habits qui correspondent habituellement aux paysans. Au niveau des habits, il y avait surtout une différence entre les riches et les pauvres, pour les premiers, ils étaient vêtus en semaine comme les plus modestes le dimanche. La différence entre les plus modestes se jouent au niveau de l’usure des vêtements, pas de la variété des habits.

Sur le haut du corps, les cloutiers portaient une chemise de chanvre et un gilet de drap. Les cultivateurs portaient les mêmes habits avant de les remplacer par une grande blouse de toile bleu qu’on appelle la biaude. Cette blouse pouvait être longue (sous le genou) ou courte (au dessus du genou). À Saint Ferréol, elle avait une ouverture étroite pour passer la tête alors qu’à Firminy, elle était plus échancrée et fermée par un petit ruban.

 

biaude

Biaude (photo http://www.leberry.org)

Les cloutiers avaient en plus une basane, grand tablier de cuir qui couvrait le corps, du cou aux chevilles.

En bas, les deux avaient un pantalon soit en drap de bure (tissu de laine de chèvre), soit de grosse toile, soit plus tard de velours à côte. Aux pieds, des sabots qu’ils portaient soit pied nu, soit en hiver avec des bas. Par dessus, les sabots, ils mettaient de courtes guêtres de drap boutonnées.

Sur la tête, les cloutiers portaient un bonnet de laine semblable à ceux des galériens (phrygien). Les cultivateurs portaient des chapeaux de feutre ou de paille.

 

Les habits du dimanche

Le dimanche, les hommes se faisaient beaux pour aller en ville et à la messe. En haut, ils avaient une chemise à grand col qui remontait jusqu’aux oreilles, avec par dessus une cravate. Un gilet et une veste courte légèrement échancrée en queue de pie.

En bas, ils portaient une culotte courte avec de longues guêtres de drap boutonnées qui montaient jusqu’aux genoux.

Sur la tête, ils portaient un chapeau de feutre noir à longues ailes ou un feutre rond avec des bords plus relevés.

 

Costumes féminins

Les femmes portaient de longues et amples robes de coton ou des jupes avec un corsage sur lesquelles elles mettaient un tablier de coton, froncé à la taille. Ce tablier très ample faisaient le tour des hanches et il descendait très bas sur les pieds. Sur la tête, elles portaient un bonnet rond en forme de charlotte et sur les épaules un châle à franges dont les bouts étaient pris sur le devant du tablier. Avec l’excédent de soie qu’elle gardaient, elles se fabriquaient des bas.

Le dimanche, les femmes portaient des coiffes dont la plus élégante, fabriquée à Saint-Didier-en-Velay, nommée « la marmouthino »

Coiffes

En été, avec la paille qu’elles récupéraient au moment du battage, elles se confectionnaient des chapeaux de paille à large bord qu’elles ornaient d’un ruban.

 

 

 

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2 réflexions sur “#ChallengeAZ :F comme Fringué ou fringant

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