#ChallengeAZ : V comme le Village de la Rullière

À partir de son mariage avec Marie Louise Barret, Claude Samuel va quitter Cubrisoles pour s’installer à la Rullière  de la commune de Saint-Didier-la-Seauve.

Le déménagement ne sera pas très long. Les deux hameaux sont distants de 2,5 kilomètres. De son village natale, Claude pouvait apercevoir les toits rouges de la Rullière, juste au dessus des arbres.

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Collection personnelle

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Collection personnelle

Quand on est à la Rullière, l’ambiance y  est différente. On se sent moins isolé. Déjà parce qu’il y a plus de maisons et d’habitants, plus d’animation, mais aussi parce qu’on se sent moins enfermé au milieu des forêts et que le terrain y est moins accidenté.

la rulliere de Stephane Morin

Arrivée à la Rullière par la route venant de St Didier (Photo de Stéphane Morin)

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Arrivée à la Rullière par le chemin de Nizieux (collection personnelle)

 

La Rullière est un village composé d’hommes travaillant la terre, qu’ils soient cultivateurs propriétaires, cultivateurs fermiers, domestiques ou journaliers. En 1846, c’est, d’ailleurs, la seule activité recensée.

À partir de 1851, d’autres métiers apparaissent dans le village. Il y a des cloutiers, des menuisiers, un maçon, mais l’activité en plein essor, c’est la rubanerie ou passementerie. Il y a aussi une béate qui s’occupe de l’éducation catholique et de divers enseignements. Il faudra attendre 1886, pour qu’apparaisse, dans les registres du recensement, une institutrice.

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La maison d’assemblée de la Rullière (collection personnelle)

 

Le village vivait en totale autarcie. La production agricole pouvait nourrir tous les habitants de la Rullière. La principale obligation d’aller en ville, qui se situe à 3,5 kilomètres, c’est d’aller à la messe. En été, ça ne pose pas trop de problème, mais en hiver, sur ce haut plateau, avec la neige, les déplacements sont difficiles.
Pour éviter, cette difficulté, la maison d’assemblée, construite par les habitants du village et qui servait à accueillir la béate pour l’enseignement donné au enfants, devenait une chapelle. Elle se reconnait grâce à sa cloche sur le toit et à sa croix.

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Collection personnelle

 

Les rullièroux se réunissaient souvent sur la place du village ou aux différentes fontaines de la Rullière. Sur le recensement de 1881, on voit pour la première fois, qu’un nouveau lieu de rassemblement des hommes s’est ouvert, un cafetier s’est installé dans le hameau. Malheureusement, le manque des registres de recensement entre 1856 et 1881, ne permet pas de savoir en quelle année, Mathieu Lardon a débuté son activité. Avec les registres d’état civil, on peut affiner cette période d’installation. Pour la naissance de son fils Pétrus, le 31 décembre 1874, il était encore menuisier et le 5 février 1877 pour la naissance de son autre fils Julien, il est dit cabaretier. Claude a connu l’ouverture de ce café, peut-être, qu’avec ses amis, il a pu aller y boire un verre de vin.

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Place avec la croix du village (collection personnelle)

 

La croix au centre du village était un monument important, certaines cérémonies religieuses se faisaient à cette endroit et des personnes priaient devant régulièrement.

Aujourd’hui pour faire connaitre la Rullière, un panneau à côté de la maison d’assemblée, raconte la vie au village.

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Collection personnelle

 

Population

Comme pour Cubrisoles, d’une année de recensement à l’autre, il existe des différences qui s’expliquent par l’ajout ou non des maisons isolées voisines.

Pour la Rullière, on peut facilement rajouter quelques maisons isolées comme l’adroit de la Rullière, la Murette de la Rullière, le Cerisier de la Rullière et Danthony de la Rullière. Ces lieux sont mentionnés certaines années, dans les différents recensements, pour disparaitre d’autres.

On peut dire qu’il y avait une bonne quarantaine de maisons pour plus de 200 habitants. Pour rappel à Cubrisoles, il y avait huit maisons et entre cinquante et soixante habitants.

  • 1831 : 183 habitants pour 33 maisons
  • 1846 : 208 habitants pour 44 maisons
  • 1851 : 210 habitants pour 37 maisons
  • 1856 : 230 habitants pour 46 maisons
  • 1881 : 178 habitants pour 32 maisons
  • 1886 : 210 habitants pour 37 maisons

 

Passementerie

L’industrie du ruban à Saint-Didier-la-Seauve existe depuis le XVIème siècle. On dit que c’est le duc Guillaume II de Joyeuse qui aurait importé dans sa baronnie, le travail du ruban et le carnaval, suite à un voyage à Venise.

L’activité au départ est familiale et saisonnière. En complément de l’activité agricole, ce métier va vite devenir une profession principale à commencer pour les femmes. D’après les statistiques de 1886, selon une étude forézienne, on dénombre pas moins de 1225 personnes, hommes ou femmes qui exercent les métiers de passementiers, rubaniers, dévideuses, ourdisseuses, veloutiers… La population totale de Saint-Didier est, à cette époque, de 4929 habitants. On peut dire qu’une personne sur quatre exerçait cette activité au moins occasionnellement.

Ces hommes et ces femmes travaillaient sur des métiers à tisser de type Jacquard. Ces métiers étaient souvent installés dans la cuisine proche d’une fenêtre. Les maisons de passementiers étaient particulières, du moins dans les bourgs. Elles avaient de très grandes fenêtres pour laisser entrer un maximum de lumière.

Pour la naissance de son fils Louis, le 19 mars 1878, Claude Samuel dit exercer la profession de passementier.

 

Étienne Samuel et Pierre Lagrevol

Ce sont mes deux arrière-grands-pères paternels. Ils ont pour particularités d’être nés, tous les deux, dans le village de la Rullière.

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Dans les rues de la Rullière où Étienne et Pierre se sont croisés (collection personnelle)

Étienne est né le 19 mai 1870 et Pierre, le 14 octobre 1874. Ils ont quatre ans d’écart, ce n’est pas beaucoup mais quand la famille Samuel quitte la Rullière, Pierre avait cinq ou six ans. La vie communautaire et solidaire du village, fait qu’ils devaient se connaitre. Ont-ils joué ensemble ? Rien n’est moins sûr.

Étienne revenaient sûrement régulièrement à la Rullière pour rendre visite à son grand-père Étienne Barret, son oncle Pierre Barret, sa demi-sœur Marie Barret et son époux Gabriel Collard.

Les Lagrevol, eux, quitteront, à leur tour, le village entre août 1885 et octobre 1888, pour s’installer à Saint-Just-Malmont.

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Collection personnelle

 

Si les deux familles se sont connus à la Rullière, mes grand-parents n’en savaient rien. Ce n’est pas ce point en commun qui sera à l’origine de leur union.

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5 réflexions sur “#ChallengeAZ : V comme le Village de la Rullière

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