#ChallengeAZ : C comme Communauté de travail

Une particularité bourbonnaise est le travail, dans les fermes ou domaines, en communauté. Cette particularité viendrait avant tout de la structure de la société paysanne de l’Allier et des possessions ou locations de terre. Le métayage, par exemple, nécessite une main-d’œuvre importante et non salariée. J’aborderai ce sujet dans un autre article.

Si cette vie communautaire n’est pas la règle partout dans l’Allier, elle représente le principal mode de vie pour François Bonnamour.

L’an dernier, pour la Haute-Loire, j’avais montré que même si les membres d’une même famille pouvaient habiter à proximité et donc travailler ensemble, chacun avait sa propre habitation et était indépendant. Les enfants quittaient le domicile parental au moment de leur mariage pour avoir leur propre chez-eux.
Dans l’Allier, la lecture des recensements de population nous renseigne sur l’existence de ces communautés et il est fréquent de voir plusieurs couples et plusieurs générations cohabiter dans une même ferme. Il n’est pas rare qu’en plus se rajoute des domestiques issus ou non de la famille.

Les communautés de travail ne sont pas que familiales, dans le livre « Paysans du Bourbonnais: une société rurale face au changement, 1750-1880 » de Daniel Paul, on peut lire que 60% des baux multiples le sont par des preneurs unis par des liens de parenté.

communauté Bonnamour

Contrat de mariage

Cet acte revêt un intérêt tout particulier dans le cadre des communautés car les clauses permettent de poser le cadre dans les différentes associations. On peut ainsi savoir si le couple s’installe chez les parents de l’un ou de l’autre, mais aussi comment vont se répartir les parts entre les différentes parties de la communauté.

Daniel Paul écrit à ce sujet dans son livre :

Ce contrat est révélateur du rôle dévolu du mariage. Il s’agit d’abord de se fondre dans une communauté qui doit se perpétuer en suivant des règles bien précises. Tout est prévu, des conditions d’entrée dans la communauté aux clauses de sortie et aux partages à venir. Tout n’est pas figé : les parents se réservent quelques possibilités et surtout, un contrat de mariage d’un autre enfant peut être l’occasion de changer certaines clauses. Le mariage est le moment privilégié pour régler les problèmes d’installation et de succession.

La durée dans le temps de la communauté n’est pas limitée. Ces communautés ne sont pas figés dans leur forme et changent régulièrement pour diverses raisons : changement dans la composition familiale, incompatibilité d’humeur, problèmes financiers, décès…
Au décès de leur mari, les femmes peuvent choisir de rester ou non dans la communauté. Elle la quitte en général le jour où elle se remarie.

 

Endogamie

 

La communauté familiale entraine la vie en commun et l’indivision des biens. Pour protéger la communauté des risques de dislocation, une des solutions est l’endogamie.

L’endogamie est le mariage à l’intérieur d’un même groupe social (tribu, lignage…).

Les mariages consanguins sont rares et soumis à dispense. Pour contourner ça, les communautés s’allient à plusieurs et on retrouve très souvent des mariages en commun entre plusieurs familles.

Ces unions de familles peuvent être à l’origine de ce qu’on appelle des mariages remarquables. C’est à dire que le même jour, on célèbre plusieurs mariages entre les membres de deux familles.
par exemple, le fils de la famille A épouse le fille de la famille B pendant que le fils de la famille B épouse la fille de la famille A.

J’avais donné un exemple lors de mon premier challengeAZ en 2015 que je remets ici :

Le 23 octobre 1696 dans la commune d’Ussel-d’Allier (Allier) a été célébré un triple mariage.

– François Batisse (Sosa 3938) fils de André Batisse et Antoinette Roux, épouse Gilberte Crenom fille de Jean Crenom et Marie Artigaut.

– Pierre Batisse, frère de François et Marianne Crenom, sœur de Gilberte

– Le dernier mariage ne concerne pas d’autres frères ou sœurs mais les parents. Jean Crenom veuf de Marie Artigaut et Antoinette Roux veuve de André Batisse s’unissent en même temps que leurs enfants.

Mariage Crenom-Roux

Mariage Crenom-Roux

Une autre possibilité existe, c’est le mariage de deux frères qui épousent deux soeurs.

La famille de François Bonnamour n’échappe pas à la règle et je parlerai dans un autre article de l’endogamie dans cette famille.

 

 

 

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